J'M Metz, nouveau slogan

Le jaune mirabelle donne une identité claire à la ville et s'appuie sur les festivités organisées tous les mois d'août à Metz : les fêtes de la Mirabelle. Il est cohérent de ce point de vue. Le M blanc sur fond jaune permet d'associer facilement l'image et le nom de la ville.

Mais on sent comme un petit goût de déjà-vu là dedans : on se rappelle du I love NancY, traduction littérale je ne vous apprendrai rien, de J'aime Nancy... Charte graphique nancéienne elle-même inspirée (pour ne pas dire copiée) sur le I love NY de la Grosse Pomme. Le logo nancéien a eu un grand succès, en déclinant localement une image mondialement connue.

Ce nouveau logo messin inclus dans sa nouvelle charte graphique ne brille donc pas par son originalité.

Mais il  a au moins le mérite de se distinguer de ses prédécesseurs : on avait l'habitude de METZ en lettres capitales souligné par les vagues de la Moselle, ou du carré on ne peut plus sobre reprenant la couleur grenat portée par le FC Metz.

Une fête de la mirabelle moins ringarde ?

La volonté d'affirmer le jaune de la mirabelle peut laisser augurer d'un effort particulier porté aux fêtes de la mirabelle. Si l'élection de la reine de la Mirabelle est toujours un moment de divertissement sympathique, et le spectacle pyrotechnique du plan d'eau un moment éblouissant, que penser des autres manifestations ?

On espère qu'avec l'ouverture du Centre Pompidou Metz, les prochaines fêtes de la mirabelle vont donc se moderniser. Pourquoi pas faire décliner le thème de la mirabelle par des artistes contemporains ?

Oubli du blason originel de Metz

Le blason de Metz, blanc et noir, a ses raisons historiques. Un couplet d’une chanson de 1541 explique le symbolisme de ces couleurs :

Qui les couleurs voudra savoir
De nos armes ? C’est blanc et noir.
C’est que par blanc : Vitas bonis,
Et par noir : Mors est malis


C'est à dire : "par le blanc : la vie aux bons ; par le noir : la mort aux méchants". Cette vision a priori manichéenne dénote la position historique difficile d'une ville entre deux empires. Quant à la devise de la ville :

Jamais d’aultres armes nous prendront, que celles que nous élisons ; et nous disons pour réconfort, nous voulons la liberté ou la mort !

Elle prend tout son sens actuellement. Pourquoi ne pas avoir décliné soit le blason de Metz, soit sa devise, soit une combinaison des deux ? Des villes l'ont fait avec beaucoup de réussite.

On pense notamment à Toul. L'ancien évêché a su moderniser son ancien blason composé d'un T, en un graphisme très élégant.

Ou bien encore à Luxembourg ville, qui reprend son blason de manière très épurée dans son logo. Le lion rampant de gueules couronné, existe dans le logo moderne.

Le parti pris messin n'a donc rien à voir avec la modernité : on peut choisir d'être moderne tout en respectant blason ou armoiries anciennes.

Quand on se targue sur le site de la Mairie d'avoir 3000 ans d'Histoire, ce n'est peut être pas une si mauvaise idée.

 Et à Bar-le-Duc ?

Un petit tour à Bar-le-Duc permet de se rendre compte que la reprise d'éléments des armoiries est monnaie courante.

Contre exemple d'Epinal

A Epinal, on trouve cependant un contre exemple parfait. La tour fortifiée entourée du lys, se transforme en un E fléché.

Une sorte d'apologie de la croissance tout à fait assumée, appuyée par des graphiques jaunes et allant crescendo.

Cette apologie de la croissance se retrouve dans de nombreux logos aujourd'hui, et traduit bien l'idéologie de cette fin de décennie en crise.
De manière tout à fait ironique un document portant cette charte graphique vue à l'envers, prend le sens exactement inverse.

Le logo messin aura pu éviter cet écueil.
On peut de toute façon interpréter chaque logo de manière subjective, l'essentiel sera d'unifier l'image de la ville à l'extérieur, en accord avec ses manifestations les plus visibles et ses grands projets.