Une première succursale ouvre rue de la Hache en 1893, puis son fils, Jules Chardot, crée au 11 rue de la Craffe des entrepôts qui seront pendant des décennies la solide base des caves de la Craffe, dont les chais sont construits dans les ruines alors visibles du bastion de Danemark, reste de l’enceinte urbaine. En 1901 sont ajoutées des cuves de béton armé recouvertes de carreaux de verre. Peu avant 1914, les Vins de la Craffe livrent les premières bouteilles de un litre de vin, ce qui était alors une réelle innovation.

A la mort de Charles Chardot en 1920, ses deux fils Pierre et Jules reprennent l’affaire à laquelle ils étaient associés de longue date et achètent le premier camion de la société en 1921. En 1923 lui succède un des premiers camion-citernes de Nancy, et une chaîne d’embouteillage semi-automatique est construite.

Vers 1950, les entrepôts gigantesques de Maxéville, avec leurs grandes caves voûtées commencent à regrouper toutes les autres installations des Vins de la Craffe à Nancy. Contenant des dizaines de foudres de différentes capacités, elles accueillaient aussi des cuves de béton recouvertes de verre, reprenant le principe des entrepôts de la rue de la Craffe, mais bénéficiant ici des plus récentes innovations techniques. Ces dépôts avaient une voie ferrée particulière connectée à la ligne Paris-Strasbourg et bénéficiaient d’un pipe-line qui reliait directement les cuves aux péniches accostant au port Saint-Sébastien !

L’entreprise créa dans les années 60 le personnage de M. Crafon, qui fut longtemps son principal support publicitaire, ainsi que le principe des petites billes rouges dans la capsule à collectionner.. il existait même, semble-t-il, des missions d’intérim dont l’objet était le nettoyage de ces petites billes rouges…!

Les Vins de la Craffe cessèrent leurs activités à Maxéville en 1997, et le site fut vendu à la mairie. En effet, la proximité de Nancy, autrefois avantage, devint vite un inconvénient avec l’essor de la grande distribution, qui fit perdre peu à peu à la société son réseau de distribution traditionnel, les épiceries. De plus, le site se retrouva rapidement très enclavé.

Une partie de l’activité, déplacée, a été rachetée par une société strasbourgeoise.

Aujourd’hui, le site est occupé par le T.O.T.E.M., qui regroupe sous la responsabilité de la compagnie Materia Prima de nombreux artistes en résidence, et donne régulièrement des concerts, expositions, performances, projections, cirques etc… dont l’étrangeté est souvent appréciable (mais pas toujours très compréhensible !). La MJC de Maxéville occupe depuis peu des locaux faisant partie de l’ancien site industriel.

D’autre part, les anciens caveaux de dégustation sont toujours accessibles à l’occasion, et des rencontres ou dégustations œnologiques s’y tiennent parfois.

Sources et liens: