Mirabelle de Lorraine : photos, Histoire, patrimoine...

Promenade sur les remparts de Toul : de la canonnière à la Porte de France

Parvenus sur le Champ de foire, on franchit le canal par la "Canonnière". La réhabilitation importante du quartier de l'ancien Arsenal avec la construction de logements et d'une maison médicale se veut le lien entre le quartier de la Croix de Metz et la ville intra-muros. Un cheminement piétonnier vient d'être aménagé : il permet de rejoindre le port par une agréable promenade le long du canal.

Une passerelle avec vue d'un côté sur l'écluse et de l'autre sur le port, conduit le promeneur de l'autre côté du canal de la Marne au Rhin : un bien grand nom pour cet étroit canal aux trois écluses touloises si proches, fréquenté par les plaisanciers.

La vue sur le bastion pentagonal (le seul construit parmi ceux initialement prévus par Vauban) est ici très pédagogique. C'est à ce niveau que l'Ingressin jaillit de dessous la route de Paris. Un système ingénieux de vannes et de pont permet à l'eau d'alimenter les fossés, tout en laissant la possibilité à la rivière de disparaître sous la ville qu'elle traverse incognito : la rivière parvient aux remparts par un petit pont-canal, tandis qu'un peu plus bas, les piétons accèdent à la ville par un souterrain qui débouche entre les "Écuries de Bourgogne", loges rangées côtes à côte sous la levée de terre.

Sur la Moselle : de l'usine de Neuves-Maisons à l'écluse de Messein

 

L'usine

La première usine de Neuves Maisons "la Société Métallurgique de la Haute Moselle" fut fondée en 1872 par Victor de Lespinat.

Cette implantation a été favorisée par la présence des gisements de minette de Maron et du Val de Fer, par l'exploitation d'une carrière de castine de Chaligny, par la toute jeune ligne de chemin de fer Nancy-Dijon et par le projet du Canal de l'Est.

 

Après bien des vicissitudes, rachats, restructurations, et malgré la fin de l'exploitation de la minette, la sidérurgie est encore présente et l'usine de "Neuneu" qui a suivi l'évolution des techniques, tourne toujours.

 

L'acier n'étant plus tiré de la fonte mais des ferrailles de récupération (procédé Martin), les 7 hauts-fourneaux ont progressivement disparu, remplacés en 1969 par les convertisseurs à oxygène pour lesquels la filière électrique est adoptée en 1986.

Le four avec dépoussiérage des fumées fonctionne depuis 2002 et Neuves-Maisons obtient la certification ISO 9001 version 2000.

Le nouveau portique pour le parc à ferrailles a été installé en 2004.

L'exploitant actuel, la SAM, appartient au groupe italien RIVA et comptait 455 salariés en 2005.

 

La SAM produit des aciers d’armature de béton armé. Sa prospérité est liée à la bonne santé du bâtiment et des travaux publics !

 

Le canal

La construction du bief à grand gabarit de la Moselle canalisée et de l'écluse d'accès aux quais de déchargement des péniches de ferraille a été réalisée en 1978-1979.

 

Après avoir longé les divers bâtiments industriels abandonnés ou encore en activité, le canal toujours dissocié de la Moselle, franchit l'écluse de Messein et acquiert une dimension plus modeste. En quittant la subdivision de Toul, il devient "Canal des Vosges" dont une branche, le "canal de jonction", relie la Meurthe à Laneuveville devant Nancy et l'autre remonte la vallée vers la Saône via Épinal.

 

La Moselle

Elle traverse une zone inhospitalière, malgré quelques ballastières consacrées à la pêche et tentant de redevenir sauvages,. A Messein, l'une des sablières a été aménagé en base de loisirs.

Les tas de "crasses", résidus de sidérurgie utilisés comme ballast des voies ferrées et comme soubassement des chaussées, offrent un paysage minéral et noir. Les zones abandonnées dont les reliefs ne sont pas même qualifiables de terrils, sont à peine colonisées par quelques espèces végétales pionnières et rudérales.

Ici même, notre promenade émerge de la côte de Moselle et on peut remonter le parcours tranquille de la rivière qui coule entre des roselières accueillantes pour toute une faune d'oiseaux d'eau.

 

Visite des lieux :

 

 

L'écluse à grand gabarit en eau

 

 

Sur le canal, les bateaux de tourisme côtoient les péniches et les deux types d'embarcations ont le même droit de passage dans la grande écluse. Un petit bonjour convivial aux curieux est de règle ! Ce petit voilier attend la fermeture des portes d'amont. On entrevoit à l'arrière la zone d'entrepôt des crasses.

 

 

Des tas et des tas de ferraille, des portiques gigantesques, des grappins, d'énormes engins…

Le bassin et les quais de déchargement avec, en arrière plan, l'usine SAM (société des aciers d’armature du béton.)

De vieux bâtiments abandonnés, vestiges de l'aciérie d'autrefois, dont les 7 hauts-fourneaux ont disparu !

 

Et des bâtiments modernes d'où sortent par rail les rouleaux de fil de fer. Des tonnes d'entre eux attendent ici leur chargement sur les wagons adéquats.

 

 

Derrière l'écluse on entrevoit le village de Messein au pied de la forêt où se dissimule l'oppidum du camp d'Afrique.

L'écluse de Messein, n°47, à gabarit Freyssinet, parait toute petite… En quittant la subdivision de Toul, le canal prend le nom de canal des Vosges.

Sur la Moselle : arrivée à Neuves-Maisons

Après avoir longé une zone artisanale et commerciale, le canal impersonnel au trajet rectiligne arrive à l'écluse de Neuves-Maisons entre deux hauts murs de palplanches. Quant à la Moselle naturelle, elle poursuit son cours, et les bancs de sable de son lit peu profond sont le paradis des pêcheurs.

Après avoir côtoyé quelques jardins ouvriers, le capricieux Madon (dont les crues sont spectaculaires), conflue au niveau du Pont qui relie Neuves-Maisons à Pont Saint Vincent.

Cette photo aérienne illustre le cheminement côte à côte de la Moselle et du canal, puis, à partir du Pont emprunté par l'ancienne RN 74 reliant Neufchâteau à Nancy, le site de l'usine sidérurgique et de son port.

Sur la Moselle : de Maron à Neuves-Maisons

Sur la droite Sexey aux Forges, Chaligny à gauche, Neuves-Maisons au fond.

Les pelleteuses et dragueuses ont creusé un canal rectiligne qui court-circuite les méandres de la Moselle, laissant ça et là des vestiges de l'ancien canal, des ballastières promues en étangs de pêche, des bras morts.

L'ancien chemin de hallage poursuit sa route, agréable cheminement parfois loin de l'eau, parfois au contraire menaçant d'y sombrer. Sur le rivage, le houblon grimpe avec allégresse dans les saules et les aulnes, les ronces s'y complaisent également, mais bien moins hélas que la maudite Renouée du Japon, plante invasive qui sera peut-être un jour unique espèce de nos bords de rivière si on ne parvient pas à éviter son inquiétante progression. Invasive aussi et pourtant si jolie, l'Impatience de l'Himalaya qui explose sur votre passage, propulsant alentours ses graines colonisatrices.

 

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Houblon (Humulus lupulus)

 

Renouée du Japon (Reynoutria japonica)

 

Impatience de l'Himalaya (Impatiens glandulifera)

 

Sexey aux Forges est installé sur les marnes du Toarcien, terrain mouvant dont tout le village souffre. Son activité  remonte à l'âge du fer et s'est prolongée par le fonctionnement de la mine Sainte Anne qui alimenta l'usine de Neuves-Maisons. Quant à la mine du Bois du Four, son minerai fut exporté en Allemagne par péniche. Les restes d'un quai de chargement sont encore visibles et quelques fragments de minette s'entassent sur le bord du halage.

 

Le petit ruisseau Sainte Anne finit ses jours dans la Moselle dans une confluence un peu glauque, lui dont le parcours bucolique entaille le plateau sur la rive gauche, drainant entre autres une partie des eaux souterraines du réseau karstique de l'Aroffe. Ses eaux fraîches sont favorables à l'élevage de la truite !

 

Une première maison éclusière abandonnée à la sortie de Sexey, une autre pimpante un peu plus loin, volets bleus et jardin soigné. Peut-on comparer à une friche industrielle le site de son ancien  barrage, de sa vieille écluse envahie d'herbes folles ? Tandis que le hallage retrouve en cet endroit précis un balisage et un aspect touristique digne des "Boucles de la Moselle".

 

Sur l'autre rive, Chaligny se chauffe sur le flanc sud de la vallée. Ses mines sont également désaffectées et ses vignes résiduelles ne fournissent plus qu'une petite production familiale, mais ce village observe une urbanisation plus importante que les localités situées plus en amont. La vieille voie de chemin de fer poursuit son chemin en contrebas de la route qui permet de rallier Neuves-Maisons.

 

Juste après Maron, le canal quitte ici la Moselle pour se diriger droit sur Neuves-Maisons

 

Sexey aux Forges

 

Le ruisseau Sainte Anne termine ici son bref parcours

 

Derrière cette ancienne maison éclusière on aperçoit Chaligny accroché au flanc de la vallée

 

Une écluse...

 

...et son ancien barrage, abandonnés !

 

 

La Moselle, vers Neuves-Maisons et le chemin aménagé en piste touristique

 

Sur la Moselle : en passant par Villey le Sec

La "croisière" se poursuit en remontant la Moselle…

 

 

En quittant Pierre la Treiche, on laisse les grottes sur sa gauche, le vallon froid de L'Arrot et "la Treiche" sur sa droite. On plonge au cœur du plateau calcaire hôte des belles forêts de hêtres et de chênes qui n'ont pas encore cicatrisé leurs blessures infligées par la tempête du 26 décembre 1999.