L'usine
La première usine de Neuves Maisons "la Société Métallurgique de la Haute Moselle" fut fondée en 1872 par Victor de Lespinat.
Cette implantation a été favorisée par la présence des gisements de minette de Maron et du Val de Fer, par l'exploitation d'une carrière de castine de Chaligny, par la toute jeune ligne de chemin de fer Nancy-Dijon et par le projet du Canal de l'Est.
Après bien des vicissitudes, rachats, restructurations, et malgré la fin de l'exploitation de la minette, la sidérurgie est encore présente et l'usine de "Neuneu" qui a suivi l'évolution des techniques, tourne toujours.
L'acier n'étant plus tiré de la fonte mais des ferrailles de récupération (procédé Martin), les 7 hauts-fourneaux ont progressivement disparu, remplacés en 1969 par les convertisseurs à oxygène pour lesquels la filière électrique est adoptée en 1986.
Le four avec dépoussiérage des fumées fonctionne depuis 2002 et Neuves-Maisons obtient la certification ISO 9001 version 2000.
Le nouveau portique pour le parc à ferrailles a été installé en 2004.
L'exploitant actuel, la SAM, appartient au groupe italien RIVA et comptait 455 salariés en 2005.
La SAM produit des aciers d’armature de béton armé. Sa prospérité est liée à la bonne santé du bâtiment et des travaux publics !
Le canal
La construction du bief à grand gabarit de la Moselle canalisée et de l'écluse d'accès aux quais de déchargement des péniches de ferraille a été réalisée en 1978-1979.
Après avoir longé les divers bâtiments industriels abandonnés ou encore en activité, le canal toujours dissocié de la Moselle, franchit l'écluse de Messein et acquiert une dimension plus modeste. En quittant la subdivision de Toul, il devient "Canal des Vosges" dont une branche, le "canal de jonction", relie la Meurthe à Laneuveville devant Nancy et l'autre remonte la vallée vers la Saône via Épinal.
La Moselle
Elle traverse une zone inhospitalière, malgré quelques ballastières consacrées à la pêche et tentant de redevenir sauvages,. A Messein, l'une des sablières a été aménagé en base de loisirs.
Les tas de "crasses", résidus de sidérurgie utilisés comme ballast des voies ferrées et comme soubassement des chaussées, offrent un paysage minéral et noir. Les zones abandonnées dont les reliefs ne sont pas même qualifiables de terrils, sont à peine colonisées par quelques espèces végétales pionnières et rudérales.
Ici même, notre promenade émerge de la côte de Moselle et on peut remonter le parcours tranquille de la rivière qui coule entre des roselières accueillantes pour toute une faune d'oiseaux d'eau.
Visite des lieux :

L'écluse à grand gabarit en eau

Sur le canal, les bateaux de tourisme côtoient les péniches et les deux types d'embarcations ont le même droit de passage dans la grande écluse. Un petit bonjour convivial aux curieux est de règle ! Ce petit voilier attend la fermeture des portes d'amont. On entrevoit à l'arrière la zone d'entrepôt des crasses.

Des tas et des tas de ferraille, des portiques gigantesques, des grappins, d'énormes engins…

Le bassin et les quais de déchargement avec, en arrière plan, l'usine SAM (société des aciers d’armature du béton.)
De vieux bâtiments abandonnés, vestiges de l'aciérie d'autrefois, dont les 7 hauts-fourneaux ont disparu !

Et des bâtiments modernes d'où sortent par rail les rouleaux de fil de fer. Des tonnes d'entre eux attendent ici leur chargement sur les wagons adéquats.

Derrière l'écluse on entrevoit le village de Messein au pied de la forêt où se dissimule l'oppidum du camp d'Afrique.

L'écluse de Messein, n°47, à gabarit Freyssinet, parait toute petite… En quittant la subdivision de Toul, le canal prend le nom de canal des Vosges.

