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Les demoiselles Touloises

À Toul, les "demoiselles" ou "dames" ne sont pas les pensionnaires d'un bordel à soldats pour lesquels elle était réputée quand elle était ville de garnison. Les "demoiselles" sont des éléments des fortifications issus du génie de Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, qui fortifia la ville entre 1699 et 1712.
Cylindres de pierres calcaire coiffés d'un chapeau conique, elles étaient destinées à empêcher les assiégeants de pénétrer dans la ville par les traverses des fossés.

Toul : cité Vauban

Depuis ses origines les plus anciennes, avant même l'arrivée des romains,Toul fut une ville fortifiée.

Cité épiscopale où moines de Saint Gengoult et chanoines de Saint Étienne se "querellaient", elle devint surtout ville de garnison quand, après le traité de Ryswick (1697), il apparaît nécessaire de revoir le plan de défense sur la façade Est de la France.

Toul sera alors dotée de fortifications "modernes", selon les plans de Vauban (1698) qui ne seront cependant pas intégralement réalisés, d'une part en raison de l'importance relativement secondaire de la place, d'autre part à la suite de la disgrâce de Vauban et du coût des travaux.

Promenade sur les remparts de Toul : de la Porte Jeanne d'Arc à la Porte Moselle (fin du circuit)

Percée en 1900 pour des nécessités civiles, la "Porte Nouvelle", baptisée plus tard Porte Jeanne d'Arc, n'est donc pas due à Vauban.

Pour continuer de longer les remparts par l'extérieur de la ville, il faut contourner la Villa des Ailes et la Résidence Pinteville, logements de militaires. On parvient alors à un grand plan d'eau, réservoir pour les fossés, alimenté par la Moselle depuis le "canal de Valcourt". L'eau pénètre ici sous la ville : c'est "l'entrée des eaux", protégée par deux demoiselles semblables à celle de la "sortie des eaux".

Le quartier de la Michonnette où l'on accède ensuite a perdu de son pittoresque des années 1900. C'est devenu cependant, autour des ses deux gros marronniers, un lieu indispensable au stationnement. En face, trois pavillons de VNF ont été construits à l'ombre des silos et des Grands Moulins Aubry.

Nous laisserons la Porte Moselle sur notre droite pour franchir les remparts par la trouée de la rue Vauban (ancienne RN4) qui permet d'accéder à d'anciennes casemates partiellement aménagées. C'est le Centre Culturel Vauban qui abrite un petit Théâtre très convivial, appelé par les Toulois "Théâtre du Moulin" du nom de l'association qui l'anime, une salle d'exposition, la salle Louis Aragon, trop discrètement accessible par une ruelle étroite qui donne également accès à la salle de répétition de la manécanterie "les petits chanteurs de Toul" et d'une chorale. D'autres travées plus basses, occupées ou encore vacantes, attendent d'être améliorées.

En face, nous retrouvons les bâtiments délabrés délaissés par les services techniques que nous avions entrevus au départ de cette promenade sur les remparts de Toul. Ces bâtiments n'offrent-ils pas encore un immense potentiel… si un futur projet obtenait les subventions nécessaires à sa concrétisation, quelque chose qui ferait le lien entre le Centre Culturel Vauban et la médiathèque où a débuté cette promenade ?

 

Promenade sur les remparts de Toul : de la canonnière à la Porte de France

Parvenus sur le Champ de foire, on franchit le canal par la "Canonnière". La réhabilitation importante du quartier de l'ancien Arsenal avec la construction de logements et d'une maison médicale se veut le lien entre le quartier de la Croix de Metz et la ville intra-muros. Un cheminement piétonnier vient d'être aménagé : il permet de rejoindre le port par une agréable promenade le long du canal.

Une passerelle avec vue d'un côté sur l'écluse et de l'autre sur le port, conduit le promeneur de l'autre côté du canal de la Marne au Rhin : un bien grand nom pour cet étroit canal aux trois écluses touloises si proches, fréquenté par les plaisanciers.

La vue sur le bastion pentagonal (le seul construit parmi ceux initialement prévus par Vauban) est ici très pédagogique. C'est à ce niveau que l'Ingressin jaillit de dessous la route de Paris. Un système ingénieux de vannes et de pont permet à l'eau d'alimenter les fossés, tout en laissant la possibilité à la rivière de disparaître sous la ville qu'elle traverse incognito : la rivière parvient aux remparts par un petit pont-canal, tandis qu'un peu plus bas, les piétons accèdent à la ville par un souterrain qui débouche entre les "Écuries de Bourgogne", loges rangées côtes à côte sous la levée de terre.

Promenade sur les remparts de Toul : autour de la Porte de Metz

Cette partie des remparts n'a pas fait l'objet de restauration récente et souffre des affres du temps !

 

Certaines casemates y sont à l'abandon ou mal entretenues.

Une bonne partie était occupée par les pompiers avant la création du SDIS et leur déménagement dans des locaux tous neufs et mieux adaptés, construits dans le cadre de l'intercommunalité sur le site de l'ancien 15ème RGA d'Écrouves.

 

La Porte de Metz abrita il n'y a pas si longtemps un commissariat de police digne d'héberger le commissaire Maigret jusqu'à ce qu'un commissariat tout nouveau tout beau ouvre dans le quartier Arsenal. Cette porte vient d'être vendue par la ville et c'est peut-être dommage : on y aurait bien vu une extension du musée adaptée au lieu.

Parmi les 4 portes de Toul, cette porte construite en 1700 par Vauban est la seule qui ait conservé sa structure originelle.

Le pont-levis, dont le mécanisme est encore en place, a disparu et a été remplacé par un pont qui donne accès au champ de foire. Ce passage est actuellement condamné pour raisons de sécurité. Il permettait d'accéder directement à la piscine des glacis et la salle des sports.

Promenade sur les remparts de Toul : vers la sortie des eaux

Les remparts vus de l'extérieur, c'est une masse de terre consolidée par un parement de belles pierres de taille. Sur le dessus, émergent les aérations des nombreuses casemates et cellules qui s'ouvrent vers l'intérieur de la cité. Certaines abritent des garages ou des entrepôts et d'autres, réhabilitées, les activités de quelques unes des nombreuses associations touloises.

 

Cette partie a été nettoyée récemment et les fossés recreusés à l'identique de ce que Vauban avait réalisé.

La cathédrale s'y mire avec coquetterie et son reflet joue avec les nombreux cygnes qui y trouvent gîte et couvert l'hiver venu.

 

Intra muros, entre la porte Moselle et la sortie des eaux (celles de l'Ingressin) se trouve le quai Drouas.

C'était un large espace destiné aux diverses activités militaires. Libérées par l'armée, des casernes y ont été détruites et des bâtiment communaux érigés entre 1960 et 1970 : une école élémentaire, un foyer-club, une résidence, un centre de formation agricole, le centre des impôts, la poste, une école maternelle.

 

 

 

L'Ingressin, souterrain dans la ville, réapparaît en cet endroit nommé "sortie des eaux". Il reçoit ici l'eau des fossés, puis passe sous la voie ferrée stratégique avant de se jeter dans la Moselle.

 

Les anciennes casemates sont dans un état très disparate !

 

Promenade sur les remparts de Toul : la Porte Moselle

Le but n'est pas de faire ici un reportage historique, mais une promenade illustrée...

 

Si les remparts de Toul sont dus à Vauban, des modifications y ont été apportées par Serré de Rivière.

 

La Porte Moselle, de style "néo-médiéval" du 19ème siècle, n'est peut-être pas un chef d'oeuvre architectural mais c'est un peu l'entrée d'honneur de la ville. C'est en effet par là qu'on pénètre intra-muros quand on vient de Nancy.

Toul au fil de l'eau

Toul, c'est comme une île : il y a de l'eau tout autour…

 

De Tullum à Toul : évolution urbaine

Le site de Toul vu de l'ouest

 

La première occupation du site de Toul se situe au niveau du Saint Michel qui était probablement un oppidum gaulois, ou du moins un refuge pour la tribu des Leuques. Il semblerait que celle-ci occupait aussi déjà l'espace plus ou moins marécageux encadré par deux bras de l'Ingressin et situé entre la Moselle et la colline.

L'arrivée des Romains fait de Toul une cité gallo-romaine de médiocre importance : Tullum Leucorum (Toul, cité des Leuques) traversée par la voie romaine Lyon-Trèves. Il est admis qu'alors Naix aux Forges (Nasium), près de Bar le Duc, était capitale des Leuques avant que Toul ne le devienne véritablement.