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Sur la Moselle : de Maron à Neuves-Maisons

Sur la droite Sexey aux Forges, Chaligny à gauche, Neuves-Maisons au fond.

Les pelleteuses et dragueuses ont creusé un canal rectiligne qui court-circuite les méandres de la Moselle, laissant ça et là des vestiges de l'ancien canal, des ballastières promues en étangs de pêche, des bras morts.

L'ancien chemin de hallage poursuit sa route, agréable cheminement parfois loin de l'eau, parfois au contraire menaçant d'y sombrer. Sur le rivage, le houblon grimpe avec allégresse dans les saules et les aulnes, les ronces s'y complaisent également, mais bien moins hélas que la maudite Renouée du Japon, plante invasive qui sera peut-être un jour unique espèce de nos bords de rivière si on ne parvient pas à éviter son inquiétante progression. Invasive aussi et pourtant si jolie, l'Impatience de l'Himalaya qui explose sur votre passage, propulsant alentours ses graines colonisatrices.

 

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Houblon (Humulus lupulus)

 

Renouée du Japon (Reynoutria japonica)

 

Impatience de l'Himalaya (Impatiens glandulifera)

 

Sexey aux Forges est installé sur les marnes du Toarcien, terrain mouvant dont tout le village souffre. Son activité  remonte à l'âge du fer et s'est prolongée par le fonctionnement de la mine Sainte Anne qui alimenta l'usine de Neuves-Maisons. Quant à la mine du Bois du Four, son minerai fut exporté en Allemagne par péniche. Les restes d'un quai de chargement sont encore visibles et quelques fragments de minette s'entassent sur le bord du halage.

 

Le petit ruisseau Sainte Anne finit ses jours dans la Moselle dans une confluence un peu glauque, lui dont le parcours bucolique entaille le plateau sur la rive gauche, drainant entre autres une partie des eaux souterraines du réseau karstique de l'Aroffe. Ses eaux fraîches sont favorables à l'élevage de la truite !

 

Une première maison éclusière abandonnée à la sortie de Sexey, une autre pimpante un peu plus loin, volets bleus et jardin soigné. Peut-on comparer à une friche industrielle le site de son ancien  barrage, de sa vieille écluse envahie d'herbes folles ? Tandis que le hallage retrouve en cet endroit précis un balisage et un aspect touristique digne des "Boucles de la Moselle".

 

Sur l'autre rive, Chaligny se chauffe sur le flanc sud de la vallée. Ses mines sont également désaffectées et ses vignes résiduelles ne fournissent plus qu'une petite production familiale, mais ce village observe une urbanisation plus importante que les localités situées plus en amont. La vieille voie de chemin de fer poursuit son chemin en contrebas de la route qui permet de rallier Neuves-Maisons.

 

Juste après Maron, le canal quitte ici la Moselle pour se diriger droit sur Neuves-Maisons

 

Sexey aux Forges

 

Le ruisseau Sainte Anne termine ici son bref parcours

 

Derrière cette ancienne maison éclusière on aperçoit Chaligny accroché au flanc de la vallée

 

Une écluse...

 

...et son ancien barrage, abandonnés !

 

 

La Moselle, vers Neuves-Maisons et le chemin aménagé en piste touristique

 

Sur la Moselle, en traversant le pays du fer : de Maron à Sexey aux Forges

Si l'on arrive à Maron en remontant la Moselle par l'ancienne voie ferrée Toul/Neuves-Maisons, on évite soigneusement de passer sous le Ball-trap un jour de tirs ! Ceux-ci résonnent loin dans la vallée, claquements secs et répétés, mais comme la visée est dirigée vers le ciel, on ne risque pas de se faire canarder, seulement de recevoir quelques morceaux de pigeons d'argile sur la tête. Ces oiseaux extraordinaires n'ont rien à voir avec des pigeons : ce sont des soucoupes d'une dizaine de centimètres de diamètre, de teinte fluo rouge ou oranger, lancées par un appareil appelé "lanceur".

Plus loin, ce sont les aboiements des chiens d'un élevage qui troublent la quiétude des Fonds de Monvaux, un vallon sec et froid protégé pour sa flore périglaciaire (ZNIEFF incluse dans un site Natura 2000).

Sur la Moselle : en passant par Villey le Sec

La "croisière" se poursuit en remontant la Moselle…

 

 

En quittant Pierre la Treiche, on laisse les grottes sur sa gauche, le vallon froid de L'Arrot et "la Treiche" sur sa droite. On plonge au cœur du plateau calcaire hôte des belles forêts de hêtres et de chênes qui n'ont pas encore cicatrisé leurs blessures infligées par la tempête du 26 décembre 1999.

Sur la Moselle : étape à Pierre la Treiche

Difficile de parler ici de la Moselle sans parler du passé !

 

- Du gué, qui fut remplacé en 1901 par un premier pont métallique à deux arches, lui-même remplacé après sa destruction en 1940 par un autre pont provisoire (type Bailey).

- Du barrage disparu et des deux écluses aujourd'hui inutiles.

- Du quai d'embarquement où l'on chargeait les pierres des carrières Solvay, dont l'exploitation a cessé il y a des années.

- De l'île du Zil où Simon, "le Capitaine", transportait les robinsons du dimanche.

- De la guinguette, sa baignade, son plongeoir et ses pédalos.

- Du chantier de construction de péniches de frères Mourlon dont les deux calles sèches ont disparu.

- De l'usine de réparation de moteurs de bateaux, aujourd'hui encore occupée par les services de VNF et dont le bassin est définitivement à sec.

- De la ballastière créée au lieu-dit "le quart de sable" et d'où sont sortis des tonnes d'alluvions entre 1900 et 1976.

- Des anciens relais pour les chevaux de halage : il n'y a pas si longtemps, on pouvait encore lire sur une façade "chevaux, foin avoine" encadré de deux ancres de marine. Le développement de Pierre la Treiche doit beaucoup à la batellerie !

 

De très nombreuses cartes postales anciennes témoignent de ce passé !

Toul - Le canal à Valcourt

à Valcourt, l'ancien canal parallèle au canal à grand gabarit, sert encore pour la navigation de plaisance. En évitant l'écluse destinée aux grosses péniches pouvant atteindre 3 000 tonnes, le passage dans l'écluse à petit gabarit permet d'économiser l'eau de la Moselle. Voiliers et petits bateaux à moteur s'arrêtent parfois au niveau de l'hypermarché situé à proximité pour aller faire leurs provisions.